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Renouer

Par Kathy Guilhempey, coordonnatrice du projet Proche en tout temps.

Par Lucas Van Oort, via Unsplash
Renouer avec un proche, aujourd’hui aîné, qui vit avec une maladie mentale est, certes un exercice difficile, mais aussi une réalisation personnelle majeure

La maladie mentale peut altérer les pensées de la personne qui en souffre et l’amener à développer une perception de la réalité qui est biaisée par la maladie elle-même. Cette perception peut donc aussi emmener une modification du comportement de la personne. On observe souvent un retrait social chez la personne dépressive par exemple. Pour d’autres, pensées et perceptions altérées peuvent conduire à ressentir et exprimer de la méfiance, de la colère, voire de l’agressivité. L’entourage de la personne concernée est aux premières loges et subit souvent ces répercussions de plein fouet. Malgré l’amour et la patience, les relations peuvent devenir tendues, puis s’émousser jusqu’à se rompre totalement. Totalement? Peut-être pas : il est parfois possible de renouer. Même si la personne est âgée et qu’on se dit que rien ne pourra changer.

Les années passent et apportent leur lot d’épreuves et de réflexions. Et c’est ainsi qu’un matin, Guy repense à Réjean, son grand frère, l’aîné de la famille avec qui il a coupé tout lien depuis 35 ans. Parce que Réjean l’a plus souvent qu’autrement insulté et accusé à tort. Et c’est ce que Guy a retenu : l’affront subi. 

Toutes les personnes qui croisent Réjean le qualifient de « fou » : il se parle tout seul sans arrêt… à gorge déployée. Ces personnes ne voient que la maladie, pas la personne; alors que pour Guy, c’est l’inverse : il voit la personne mais refuse de voir la maladie dont son frère souffre et qui interfère avec ses pensées et ses comportements. Pour éventuellement renouer, Guy devra débuter par changer de regard sur son frère Réjean. C’est-à-dire accepter de le voir tel qu’il est vraiment : une personne… qui souffre d’une maladie s’immisçant dans ses moindres pensées.

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Regard sur les services en santé mentale pour aînés

Par Kathy Guilhempey, coordonnatrice du projet Proche en tout temps

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Les services de soin en santé mentale ne sont pas parfaits, mais ils existent : nous ne devrions jamais hésiter à aller chercher de l’aide. – crédits: sincerely media

Les services offerts en santé mentale par le réseau de la santé ont défrayé la chronique au cours des derniers mois : des personnes en détresse, faute de recevoir des soins adaptés à la gravité de leur état, ont mis fin à leurs jours. Dans un tel contexte, les membres de l’entourage d’une personne aînée vivant avec une problématique en santé mentale peuvent légitimement se demander comment faire confiance à ces mêmes services pour répondre adéquatement aux besoins de leur proche, souvent complexes en raison de la présence simultanée de plusieurs conditions de santé différentes.

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Traitements complémentaires en santé mentale chez les aînés

Par Kathy Guilhempey, coordonnatrice du projet Proche en tout temps

Outre la médication, plusieurs alternatives sont à considérer pour traiter les problèmes de santé mentale des aînés : la réalité virtuelle ou la thérapie par avatar ou l’imagerie 3D au service de la schizophrénie. Crédits : Centre de recherche de l’institut universitaire en santé mentale de Montréal

La première idée qui émerge quand on pense aux traitements en santé mentale pour les personnes aînées, c’est la médication. La psychothérapie n’est pas souvent envisagée, dû à la croyance (erronée) qu’à partir d’un certain âge, les comportements et les façons de voir la vie sont cristallisés et que la psychothérapie n’est plus utile. Les autres options de traitement possibles restent, quant à elles méconnues.

Concernant la médication, les symptômes d’un tiers des personnes vivant avec la schizophrénie ne sont pas ou peu soulagés par la prise régulière d’une médication. Cela signifie que ces personnes doivent régulièrement composer avec des hallucinations et des épisodes psychotiques, nuisant gravement à leur qualité de vie de même qu’à leur santé cognitive. Parfois, même si la médication a été efficace pendant des années, ses effets viennent à s’émousser avec le temps et un changement partiel ou complet est à prévoir.

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Un lieu de vie habilitant

Par Kathy Guilhempey, chargée de projet en communication pour Proche en tout temps.

By-Sam-Wheeler-on-unsplashDe la même façon qu’il existe des maisons, des condos et des appartements pour que chacun puisse espérer vivre dans un lieu de vie qui lui convient, l’offre d’hébergement en santé mentale pour les aînés se décline sous diverses formes pour répondre à des besoins très différents. Esquissons un bref portrait d’habitants de chacun de ses lieux, à destination de l’entourage en santé mentale.

Louise vit en ressource intermédiaire où elle occupe une chambre, comme 11 autres résidents. À 92 ans, Louise a connu l’institution psychiatrique au début de sa vie d’adulte. Ses épisodes de catatonie sont si intenses que la supervision constante d’intervenants formés est nécessaire pour sa sécurité.

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Santé mentale : le rétablissement de l’entourage

Par Kathy Guilhempey, chargée de projet en communication pour Proche en tout temps.

« Michel s’interroge aussi sur l’utilité de sa présence aux côtés de son père, quand aucun mot, aucun regard presque n’est échangé pendant une heure. »
« Michel s’interroge aussi sur l’utilité de sa présence aux côtés de son père, quand aucun mot, aucun regard presque n’est échangé pendant une heure. »

La maladie mentale n’impacte pas seulement la personne concernée au premier plan, mais des répercussions se font également sentir pour l’entourage : sa famille, ses amis. Le rétablissement  pour les personnes atteintes de maladie mentale (capacité à mener une vie agréable et satisfaisante malgré la présence d’une maladie mentale) est un sujet dont on parle abondamment. Mais personne ne parle du rétablissement de l’entourage. D’ailleurs, ne serait-ce pas un peu exagéré : l’entourage n’est pas malade, comment pourrait-il se rétablir? Afin d’y voir plus clair, plongeons quelques instants dans l’univers de Michel (nom fictif pour préserver son anonymat), qui prend soin de son père de 78 ans qui traverse une grave dépression.

Michel doit composer avec une myriade de ressentis peu agréables dont la culpabilité, l’inquiétude, le stress, l’incertitude, l’impuissance. Il ne reconnait plus son père : d’ordinaire si dynamique et tourné vers les autres, il passe désormais la majeure partie de ses journées couché et en silence. Il se sent bien souvent démuni de ne pas parvenir à lui changer les idées. Parfois, le personnel de l’hôpital informe Michel que son père ne veut recevoir aucune visite, alors qu’il a mis ses propres obligations de côté, pour aller lui rendre visite. Il s’interroge aussi sur l’utilité de sa présence à ses côtés, quand aucun mot, aucun regard presque ne sont échangés pendant une heure. Et d’autres questions tournent encore dans sa tête : son père devra-t-il aller en résidence à sa sortie de l’hôpital, étant donné qu’il vit seul? Son père va-t-il se rétablir ou doit-il faire le deuil du père qu’il a toujours connu?

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